La baguette coloniale française réappropriée par le Vietnam et rendue dix fois meilleure. Tofu laqué au gingembre et soya, carottes et daikon marinés dans le vinaigre, coriandre et menthe explosives, piment frais. La France a imposé le pain. Le Vietnam a tout le reste. La victoire a un goût.
La France coloniale a imposé la culture du blé et la boulangerie au Vietnam — un projet délibéré de transformation culturelle visant à effacer les habitudes alimentaires locales et à créer une dépendance économique aux exportations françaises. Le pain blanc était plus cher que le riz, moins nourrissant, étranger au climat.
Le peuple vietnamien a fait quelque chose de remarquable : il a pris ce pain imposé, a allongé la baguette pour maximiser le ratio garniture/croûte, a utilisé une farine mélangée de riz pour rendre la croûte plus fine et légère que n'importe quelle baguette française, et a farci ce pain de colonisateur avec des saveurs que les colons ne comprenaient même pas.
Aujourd'hui le bánh mì est mangé sur tous les continents. La baguette française, elle, reste en France. La résistance culinaire a gagné.
• Les légumes marinés se conservent 2 semaines au frigo — fais-en une grande quantité, tu vas en vouloir sur tout
• La baguette vietnamienne (bánh mì bread) est différente de la française : plus légère, croûte plus fine. Si tu trouves une épicerie vietnamienne, c'est là qu'il faut aller
• Version paresseuse mais excellente : replace le tofu par du tempeh mariné dans la même sauce
• La sriracha mayo : mélange mayo végane + sriracha en parts égales. Indispensable
• Mange toujours le bánh mì dans l'heure qui suit l'assemblage — la baguette ramollit vite avec les légumes humides